
rnest Grandémard est est un tueur. Je l'ai rencontré chez un ami commun. Malgré son air bourru, Ernest est un bon-vivant qui aime le vin, les fleurs et les timbres. Ses costumes rayés sont toujours impeccables et son vin toujours excellent et du meilleur cru, surtout le petit Biston-Brillette de Mardi dernier.
Mais Ernest, disais-je, est un tueur, et professionnel qui plus est. Oui. J'ai eu du mal à le croire aussi. Surtout si j'ajoute que l'Etat ferme volontiers les yeux sur son activité, qu'elle rénumère même. En effet, Ernest Grandémard est ce que l'on nomme plus communément un bourreau. Même si lui même se qualifie de tueur assermenté.
J'adore l'écouter raconter ses dernières exécutions. Il a le don d'humaniser le vil condamné, de lui trouver les plus belles qualités du monde et les excuses les plus tendres, pour finir par mimer la lame qui tombe sur sa nuque avec le revers de sa main en criant :
"Et là, TCHAC!"
C'est à ce moment qu'il part toujours dans un grand rire, somme toute très communicatif.
C'est bien simple, j'adore ce bonhomme (et aussi son vin).
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'ai rencontré Léon Branly au stand de tir de Neuilly. Cet homme fort distingué mérite largement le surnom du "plus fin tireur de l'Ouest parisien". Il vous décoche une cible à 50 mètres, et toujours en mettant dans le mille. Léon Branly ne tire d'ailleurs pas que des cibles. Et son surnom reste apperemment toujours d'autorité dans le domaine de la cuisse. Pas une ménagère, pas une demoiselle, n'a échappé aux assauts de son canon.
rand, déguingandé, un pâle et moribond visage sur lequel est planté un melon usé, l'homme dont je vais vous parlé est un visionnaire. C'est grâce à cet étrange bonhomme que j'ai découvert les plaisirs avant-gardistes de la cinématographie. Albert Manivelle porte bien son nom. Mais si c'est derrière la caméra que nous officions, il est le génial concepteur de nos essais sur pellicule.


ssis en terrasse, Moustache interpèle le garçon de café et recommande un autre "café bien serré". Il gromèle pour lui-même que "tout ceci va encore le mettre en retard", comme à son habitude.
e cher Gaston Duloreste est un fieffé gaillard. Sous ses airs de gentilhomme, couve un alambiqué partenaire de fêtes nocturnes. J'aime boire avec cet énergumène dans les petits café de St Michel. Il y est presque tous les soirs en gironde compagnie, sirotant son verre d'absinthe. Pendant que le sucre fond et rigole dans le liquide du diable, il y va toujours de son couplet sarcastique sur tel ou tel sujet d'actualité.
on papa sent la soupe. Il en a souvent plein la moustache. Cette semaine il est venu me rendre visite à Paris. Le pauvre il ne comprends rien à la vie moderne. Alors il râle, et pas qu'un peu.


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